La valeur de service du point Agirc-Arrco est bloquée à 1,4386 € depuis novembre 2024. Pour les salariés du privé à la retraite ou sur le point de liquider leurs droits, cette donnée résume à elle seule la situation : pas de revalorisation effective avant le 1er novembre 2026, et un montant de pension complémentaire figé pendant une année entière.
Gel du point Agirc-Arrco : ce que signifie une année blanche pour votre pension
Le régime complémentaire Agirc-Arrco fonctionne par points. Chaque année cotisée permet d’en accumuler, et au moment du départ, le nombre total de points est multiplié par la valeur de service du point pour obtenir le montant brut annuel de la pension.
Lorsque cette valeur de service reste inchangée, comme c’est le cas depuis le 1er novembre 2024, la pension complémentaire ne progresse pas, même si l’inflation continue d’éroder le pouvoir d’achat. C’est ce que l’on appelle une « année blanche ».
Ce gel ne résulte pas d’une loi, mais de l’absence d’accord entre les partenaires sociaux lors du conseil d’administration du régime. Tant qu’aucune décision n’est prise, la dernière valeur votée reste en vigueur. Pour un retraité dont la complémentaire représente une part significative de ses revenus, l’impact est direct et mesurable mois après mois.

Revalorisation Agirc-Arrco au 1er novembre 2026 : ce qui se profile
La prochaine fenêtre de revalorisation est fixée au 1er novembre 2026. Le taux appliqué dépendra des négociations entre les organisations syndicales et patronales, selon les règles propres au régime.
Plusieurs projections évoquent une hausse possible, mais rien n’est garanti à ce stade. Le mécanisme de décision diffère radicalement de celui de la retraite de base, qui suit une indexation légale sur l’inflation hors tabac (article L. 161-25 du Code de la sécurité sociale).
Retraite de base et complémentaire : deux calendriers distincts
La retraite de base a été revalorisée de +0,9 % au 1er janvier 2026. La complémentaire Agirc-Arrco, elle, suit son propre calendrier avec une date d’effet au 1er novembre. Ces deux revalorisations ne sont ni synchronisées ni calculées sur la même base.
Pour évaluer l’évolution réelle de votre pension globale, il faut additionner les deux composantes. Quand la complémentaire est gelée et que la base n’augmente que de 0,9 %, la hausse effective sur la pension totale reste très inférieure à l’inflation.
Suppression du malus Agirc-Arrco : un changement majeur pour les départs en 2026
Le coefficient de solidarité temporaire, souvent appelé « malus », imposait une minoration de 10 % de la pension complémentaire pendant trois ans aux retraités partant dès l’âge légal sans décaler leur départ d’au moins un an.
Ce dispositif a été supprimé pour toutes les retraites prenant effet à partir du 1er avril 2024. En 2026, un salarié du privé qui liquide ses droits n’a plus à intégrer ce malus dans son calcul. La pension complémentaire est versée à taux plein dès le premier mois.
Pas de rétroactivité pour les anciens retraités
Les retraités ayant subi le malus avant avril 2024 ne bénéficient d’aucun remboursement ni compensation. Les années de pension minorée sont définitives. Seuls les départs postérieurs à cette date profitent de la suppression.
Les bonus de départ différé restent en vigueur
En revanche, le mécanisme de bonus pour départ différé n’a pas été supprimé. Un salarié qui continue de travailler au-delà de l’âge du taux plein peut bénéficier d’une majoration temporaire de sa pension complémentaire. Ce levier reste pertinent pour ceux qui envisagent de prolonger leur activité, mais il est rarement détaillé dans les contenus généralistes.
- Le bonus est de 10 % pendant un an pour deux années de travail supplémentaires au-delà du taux plein.
- Il peut atteindre 20 % pour trois années supplémentaires, et 30 % pour quatre années.
- Ce bonus est temporaire (un an), contrairement à la surcote de la retraite de base qui est définitive.

Prélèvements sociaux sur la pension Agirc-Arrco en 2026 : les taux de CSG à vérifier
Le montant net de votre pension dépend aussi des prélèvements sociaux appliqués. En 2026, les taux de CSG applicables aux pensions de retraite sont déterminés par le revenu fiscal de référence figurant sur votre avis d’imposition.
Quatre taux de CSG coexistent :
- Taux zéro (exonération totale) pour les revenus les plus modestes.
- Taux réduit de 3,8 %.
- Taux médian de 6,6 %.
- Taux normal de 8,3 %.
Un changement de tranche d’une année sur l’autre peut faire varier le net perçu de plusieurs dizaines d’euros par mois, indépendamment de toute revalorisation du point. Il est donc possible de percevoir moins en 2026 qu’en 2025, même à pension brute identique, si votre revenu fiscal de référence a franchi un seuil.
Réforme de l’assiette sociale des indépendants : un effet indirect sur les droits Agirc-Arrco
La réforme de l’assiette sociale unique, en cours de déploiement pour les travailleurs non salariés, modifie le calcul des cotisations retraite et peut avoir un impact sur les droits futurs pour ceux qui relèvent de régimes complémentaires proches du dispositif Agirc-Arrco.
Pour les salariés du privé, cette réforme n’a pas d’effet direct. En revanche, les dirigeants assimilés salariés doivent vérifier l’impact sur leurs cotisations complémentaires, car la nouvelle assiette peut modifier le montant des points acquis chaque année.
Le gel prolongé du point, la suppression du malus sans rétroactivité, et les variations de CSG forment un ensemble de paramètres qui rend la lecture de votre relevé de pension plus complexe qu’un simple pourcentage de revalorisation. Vérifier son taux de CSG sur l’avis d’imposition et recalculer sa pension nette après le 1er novembre 2026 reste la démarche la plus fiable pour mesurer l’évolution réelle de ses revenus à la retraite.

