Manque de potassium chez personne âgée : le guide pratique des aidants en 2026

Un déficit en potassium peut survenir sans modification apparente du régime alimentaire, notamment chez les personnes âgées traitées par certains diurétiques. Les symptômes passent souvent inaperçus, d’autant que la sensation de soif diminue avec l’âge. L’hydratation insuffisante aggrave ce déséquilibre, exposant à des troubles cardiaques ou musculaires parfois sévères.

Les aidants font face à des recommandations parfois contradictoires, entre restriction hydrique en cas d’insuffisance cardiaque et nécessité d’éviter la déshydratation. Les stratégies pour maintenir un bon équilibre reposent sur des gestes simples, adaptés à chaque situation médicale.

Pourquoi l’hydratation est essentielle pour prévenir le manque de potassium chez les seniors

Le potassium joue un rôle fondamental dans la gestion des liquides corporels, l’activité électrique des cellules et le bon état du cœur, des muscles et des nerfs. Chez la personne âgée, la baisse du réflexe de soif, la fragilité de la fonction rénale et la multiplication des maladies chroniques, diabète, insuffisance cardiaque, maladie de Parkinson, favorisent la déshydratation et l’apparition d’un manque de potassium (hypokaliémie).

Avec l’âge, la gestion de l’eau par l’organisme perd en efficacité. Les reins filtrent moins bien, ce qui complique la régulation du potassium. Certains médicaments, dont les diurétiques prescrits contre l’insuffisance cardiaque ou l’hypertension, intensifient la perte de ce minéral précieuse par les urines. Lorsqu’une insuffisance rénale chronique s’installe, la tolérance aux fluctuations du potassium s’amenuise, augmentant le risque de troubles cardiaques sévères.

Les aidants deviennent alors des acteurs majeurs de la prévention. Il est nécessaire de surveiller l’apport hydrique, même sans soif manifeste. L’idéal : répartir l’hydratation sur la journée, ajustée à l’état de santé et aux spécificités de la personne (présence d’insuffisance cardiaque, maladie rénale, etc). Pour les régimes hydriques restreints, seule la supervision médicale permet de sécuriser les apports.

Voici quelques repères pour mieux composer les apports quotidiens :

  • Optez pour l’eau, les tisanes ou les bouillons peu salés, préférables aux boissons sucrées ou salées.
  • Misez sur des aliments naturellement riches en eau et en potassium : fruits frais (banane, melon, kiwi), légumes cuits, produits laitiers variés.
  • Restez attentif aux signes de déshydratation ou d’hypotension orthostatique : fatigue, crampes, vertiges, palpitations inhabituelles.

Une surveillance médicale régulière, l’ajustement des traitements et la prise en compte des pathologies associées (maladie d’Alzheimer, syndrome de Cushing) permettent de limiter les variations du taux de potassium et de renforcer la sécurité de cette population fragile.

Aidante aidant un homme âgé à choisir des fruits riches en potassium

Reconnaître les signes de déshydratation et adopter des gestes simples au quotidien

La déshydratation s’installe rapidement chez la personne âgée et perturbe l’équilibre du potassium. Certains indices doivent attirer l’attention : fatigue inhabituelle, faiblesse musculaire, crampes nocturnes, palpitations cardiaques. D’autres signaux, comme la constipation, les nausées ou les vertiges en se levant (hypotension orthostatique), méritent d’être pris au sérieux. Un geste simple : pincer doucement la peau du dos de la main ; si elle met du temps à se retendre, la vigilance s’impose.

Quelques habitudes concrètes aident à limiter les risques jour après jour. Fractionnez les apports hydriques sur l’ensemble de la journée, indépendamment de la sensation de soif. À chaque repas, veillez à inclure au moins un aliment riche en eau : fruits frais (banane, kiwi…), légumes cuits (épinards, pommes de terre), ou une portion de produit laitier. Les bouillons peu salés et des textures variées peuvent aussi stimuler l’envie de manger.

Pour adapter l’environnement et les pratiques, voici quelques conseils à garder en tête :

  • Contrôlez la température de la pièce : la chaleur accentue les pertes d’eau et de potassium.
  • Réglez la quantité de liquides en fonction de l’avis médical, en particulier si une insuffisance cardiaque ou rénale est connue.
  • Pensez à utiliser un questionnaire simple sur l’hydratation, disponible lors des consultations ou sur internet, pour faire le point régulièrement.

Le suivi médical reste le socle d’un accompagnement sécurisé : prise de sang, bilan urinaire, électrocardiogramme permettent d’adapter les prescriptions. Inscrire ces gestes de prévention dans la routine quotidienne s’avère payant sur le long terme, à condition d’y prêter une attention réelle, surtout pour ceux qui vivent avec des maladies chroniques ou reçoivent un traitement diurétique.

Surveiller, adapter, réagir vite : pour les seniors et ceux qui les accompagnent, c’est souvent le détail qui protège la santé. Les petits gestes répétés font la différence, et parfois, changent le cours d’une journée, ou plus encore.